La Permaculture

La permaculture est le levier qui permet de retrouver l’équilibre entres nos mondes : notre planète et nos mondes intérieurs. Il s’agit d’investir dans l’humus et dans l’humain.

Définition

La permaculture est le concept d’aménagement d’un écosystème visant la durabilité et la résilience naturelle. Elle est conçue de manière à imiter la nature. Elle est une solution rapide et efficace face aux problèmes planétaires engendrés par l’anthropocène1. Alors que les problèmes du monde deviennent de plus en plus complexes, les solutions demeurent honteusement simples Bill Mollison

La permaculture, ou l’agriculture permanente, s’inspire de la nature pour subvenir à nos besoins sans dégrader la planète. L’idée poursuivie est d’envisager un jardin de façon globale, en tenant compte des interactions entre les éléments qui le constituent : les plantes, les animaux et les hommes. Il s’agit de tendre vers l’autonomie écologique en cultivant des plantes comestibles tout en économisant les ressources naturelles et humaines, dont le temps.

1 – L’Anthropocène est la période géologique marquée par l’impact global significatif des activités humaines sur l’écosystème terrestre Paul Joseph Crutzen.

Quels règles morales sous-tendent cette culture pérenne ?

Éthique

Les principes éthiques de la permaculture proviennent d’une évolution culturelle qui encourage notre prise de conscience collective à long terme. Ces principes sont inspirés des travaux de recherche sur des communautés vivant en équilibre avec leur environnement. Ces principes s’appuient sur 3 axes :

  • Prendre soin de la Terre  : les ressources terrestres épuisables doivent être utilisées sans abus.
  • Prendre soin de l’humain : la satisfaction des besoins de chacun doit tenir compte d’un sain équilibre.
  • Partage équitable : les périodes d’abondance doivent nous encourager à partager avec les Autres.

Comment, alors, aménager un terrain en permaculture en tenant compte de ces axes éthiques ?

Aménagements

La permaculture est l’art de concevoir des systèmes qui intègrent toutes les données écologiques et durables en utilisant des moyens simples et efficaces. Pour faire fonctionner un système permaculturel il est très important d’en étudier la conception afin de judicieusement organiser et lier les espaces entre eux en tenant compte de l’habitat. Cet aménagement se base sur d’attentives observations de l’existant, de la nature qui s’organise déjà là depuis des siècles.

  1. Étudier les plantes et la faune indigènes : se familiariser avec les plantes, les insectes et les animaux de la région.
  2. Observer la parcelle à cultiver durant une année : mesurer l’orientation, l’ensoleillement, les vents dominants et la pluviosité.
  3. Identifier les ressources naturelles du lieu : accès à l’eau de pluie, approvisionnement en matières organique, proximité de forêts, etc.
  4. Analyser les terres cultivables : vérifier le PH2 et l’acidité des terres . Corriger ce PH si nécessaire

Cet aménagement évolutif va progresser au fil des expériences et des adaptations qu’elles engendrent.

2 – Le PH, le Potentiel Hydrogène, exprime le degré d’acidité ou d’alcalinité d’un sol sur une échelle de 1 à 14. Un sol équilibré présente un pH de 7. En dessous, il sera dit acide. Au dessus, il sera dit basique, contenant du calcaire.

Quels sont les modèles permaculturels aménageables ?

Modélisation

En permaculture, on raisonne en terme de systèmes où tout est lié et adaptables en fonction du terrain. Elle s’inspire des modèles de l’écosystème sauvage ainsi que des savoirs et pratiques des premiers peuples pour établir des concepts sociétaux pérennes, auto-suffisants et régénératifs. Elle utilise les avancées en sciences naturelles et technique.

Ces principes sont puissants et universels, adaptables en fonction des conditions locales, écologiques et humaines. Elles sont l’œuvre de rares jardiniers éclairés.

     Au niveau écologique :

  • Agriculture biointensive : Culture sur butte avec double-bêchage, composte, plantation en quinconce, cultures associées, rotation des cultures, typage de plantes, et autoproduction de semences Alan Chadwick .
  • Écosystèmes forestiers : Imitation des écosystèmes mixtes favorisant la coexistence des grands arbres fruitiers, des arbustes et des légumes.
  • Collecte de graines : Récolte et conservation des graines permettant de préserver les variétés.
  • Agriculture sauvage : Limitation des interventions humaine. L’Agriculture naturelle est fondée sur le non-agir Masanobu Fukuoka
  • Gestion du paysage agricole : Utilisation optimale de l’eau Percival Alfred Yeomans
  • Gestion holistique des pâturages : Fertilisation des sols par un pâturage partiel d’animaux Allan Savory
  • Végétalisation : Utilisation de gabions et de baissières pour assurer une revégétalisation de zones inondables Peter Andrews
  • Agriculture régénératrice : Technique de conservation des sols,  maintient de la biodiversité, paillage, cultures de couverture, engrais verts Percival Alfred Yeomans .

 

         Au niveau social :

  • Glanage : Droit de collecter gratuitement les surplus de nourriture.
  • Coopérative agricole : Gestion commune des outils et d’une exploitation agricole.
  • Habitats groupés : Partage des propriétés.

 

Au niveau apprentissage :

  • Outils collaboratifs : Partage et transmission des savoirs liés à la durabilité de la planète.

Au niveau urbanistique :

  • Maison passive : Orientation, inertie thermique, aération passive, citerne d’eau de pluie, épuration phytosanitaire,etc.
  • Matériaux naturels : Terre, botte de paille, enduits à la chaux, etc.
  • Biotecture : Constitution de structure de maisons vivantes par manipulation de la croissance des branches d’arbre .
  • Architecture écologique : Conception d’habitation respectueuse de l’environnement et de l’écologie Mike Reynolds .