L’Environnement

Postulat

L’enseignant s’interroge sur la matière à enseigner et, s’il est pédagogue, sur la manière de donner ses leçons : il fait l’inventaire des Moyens Didactiques dont il dispose afin d’intéresser au mieux son public-cible.

Mais qu’en est-il de la gestion de classe ? Peut s’en soucie, beaucoup la subisse.

Or, l’enseignement suppose une série d’étapes incontournables quoique non-exhaustives :

  1. Un lieu : L’enseignant invite les étudiants à entrer dans la classe, son domaine.
  2. Des personnes: L’enseignant commence par nommer les étudiants avant de se présenter lui-même, afin que chacun puisse exister pour les autres. Il écoute leurs présentations.
  3. Un profilage : L’enseignant procède au profilage de son groupe classe. Il repère les Intelligences multiples développées par les élèves et leurs aptitudes à apprendre et à enseigner (Tutorat). Il évalue également leurs connaissances (le déjà-là) sur la matière qui le préoccupe (ses leçons).
  4. Une Loi : L’enseignant dicte la loi immuable et sans condition. Cette loi est au-dessus du groupe et prime sur le savoir et l’enseignant.
  5. Un savoir : L’enseignant planifie ses leçons en fonction du programme et de son public-cible.
  6. Une éducation: L’enseignant veille à ce que son enseignement soit compatible avec le niveau social de son public. Il tient compte de l’environnement éducatif de son public-cible.

Si tant est que l’enseignant tienne compte de ces différents facteurs favorables à une bonne gestion de classe, il reste souvent démuni face à des jeunes issu de milieux divers et de cultures variées.

L’écart social, culturel et éducatif qui existe entre les différents acteurs du cours entraine bien souvent des incompréhensions ainsi que des problèmes de gestion de classe. Il est urgent de se pencher sur la question du « qui habite mon cours ? »

Quand est-il alors de l’environnement dans lequel beigne notre public-cible ?

Prédisposition

L’être humain nait avec une prédisposition innée Céline Alvarès à communiquer, à apprendre, à enseigner, à raisonner, à imaginer, à créer, à ressentir de nombreuses émotions, à avoir de l’empathie, à être intuitif et juste. Mais il nait également avec une immaturité qui le caractérise des autres êtres vivants : le développement de ses potentiels innés est conditionné par la qualité de son environnement. Sa plasticité cérébrale lui permet d’inscrire, dans ses fibres neuronales, l’héritage de son entourage familiale. En d’autres termes, Céline Alvarès affirme que l’environnement détermine la qualité du développement de nos potentiels initiaux.

Que dire des familles et des parents nourriciers ?

Culture familiale

Le rôle des familles se situe bien là : nourrir l’intelligence de leurs enfants, et ce, dès la naissance. Jusqu’à l’âge de cinq an, on peut estimer que le cerveau humain, particulièrement impressionnable, acquiert la majeure partie de son baguage social. Les années qui suivent ne permettent plus qu’un affinage de ces acquis. L’éducation peut faire place à l’étayage.

C’est ainsi que nous constatons la pauvreté du vocabulaire parmi les familles les plus socialement démunies, et un vocabulaire enrichi dans les familles favorisées. Dans les premières, peut nourrissantes, par exemple, les phrases sont fortement réduites (Viens ! J’t’emmerde ! Ramène ! Fait chier !) et les termes utilisés sont souvent des interjections brèves et chargés de violence latente. Dans les secondes, les phrases sont plus élaborées (sujet, verbe et complément), les conversations plus variées et les sujets abordés bien plus respectueux de tout un chacun.

Le travail des parents, des puéricultrices et des enseignants en maternel est donc primordial car nous savons bien aujourd’hui que les premières années de vie construisent les fondations de l’intelligence.

Ce qui crée l’inégalité entre les êtres, ce ne sont pas les gènes, mais le milieu Céline Alvarez.

Pouvoir d’éducation

Qu’avons-nous alors comme pouvoir sur nos élèves de secondaire en matière d’éducation et de socialisation ? Peu à dire vrai.

Par contre, nous avons un pouvoir énorme sur nous-même, celui d’être congruent Carl Rogers. En ayant un comportement et des attitudes cohérentes avec son message, l’adulte nourrit le jeune et lui enseigne le bagage social qu’il attend de lui en retour. Pour le jeune, les comportements de l’adulte sont exemplaires, quel qu’ils soient.

Pistes

Il est à notre portée d’influer positivement sur le développement de l’enfant Céline Alvarez en agissant sur son environnement.

En voyant perdre un adulte lors d’un jeu de société, le jeune apprend comment perdre à son tour. Si l’adulte perd en râlant, le jeune comprend que perdre est mal. Si par contre, l’adulte perd en reconnaissant la valeur de son adversaire et en s’interrogeant sur les erreurs qui lui ont valu cette défaite, le jeune apprend en même temps la valeur d’un échec constructif.

C’est ainsi que l’adulte enseigne ce qu’il est. Lorsqu’il parle en formant des phrases complètes et structurées, lorsqu’il s’exprime sans hausser le ton, lorsqu’il conserve un tempérament toujours adéquat, lorsqu’il a des attitudes positives, lorsque ses actes sont toujours constructifs, il enseigne à ses apprenants ce qu’il attend d’eux ensuite.

J-Luc Carels