Technique

L’écoute active, imaginée par Carl Rogers, est une technique d’accompagnement qui permet d’établir un lien de confiance avec les Autres. Il est intéressant de l’appliquer dans des situations de rencontre et de face-à-face. L’objectif est de permettre à notre interlocuteur de s’exprimer librement et sans contrainte en l’encourageant dans sa réflexion. Elle permet d’accompagner la dimension affective souvent non verbalisée par celui qui est en face de nous. Il apparait alors que des sentiments qui étaient parfaitement effrayants deviennent supportables dès que quelqu’un nous écoute Carl Rogers.

L’écoute active n’est pas unidirectionnelle. Certes il est important pour l’enseignant d’être à l’écoute des élèves, mais, dans le soucis d’apprendre, l’écoute active est également un outil important pour les élèves. C’est la première stratégie d’apprentissage élémentaire en milieux scolaire traditionnel.

Être à l’écoute

Écouter, c’est accueillir l’Autre tel qu’il se définit lui-même sans se substituer à lui pour lui dire ce qu’il doit être Jacques Salomé.

Pour écouter activement mon interlocuteur,

  • j’écarte mes propres idées préconçues.
  • j’adopte une attitude de disponibilité.
  • je n’interromp pas celui qui s’exprime.
  • je questionne l’Autre.
  • j’invite l’Autre à préciser sa pensée.
  • je montre à l’Autre des signes d’intérêt.
  • je reformule les propos de l’Autre.
  • je pratique des silences.
  • je témoigne de l’empathie.
  • je reste neutre et bienveillant.

Entrainement

Pour acquérir une bonne stratégie d’écoute, un entrainement s’impose. Pour ce faire, il te faut maitriser les 7 points suivants :

  1. Accorde toute ton attention à l’Autre : Évite de faire autre chose durant la conversation.
  2. Regarde l’Autre dans les yeux : Garde l’attention de l’Autre et montre lui que tu es intéressé par ce qu’il dit.
  3. N’interromps jamais l’Autre : Ne suppose pas que tu sais ce qu’il va dire. Laisse-le parler. Ne lui coupe pas la parole, parle peu. Évite de raconter des histoires semblables qui te concernent.
  4. Pose des questions pour clarifier : Au bon moment, si c’est utile, demande-lui des précisions.
  5. Donne des indices verbaux et non verbaux en lien avec son histoire : Fais un signe de la tête ou de la main, ou avance ton buste vers lui pour exprimer ton intérêt. Un oui ou un acquiescement montre que tu as compris et que tu l’encourages à continuer de parler.
  6. Ne juge pas et reste neutre : Mets l’autre à l’aise et reste ouvert à toute la discussion. Même si le sujet te heurte, même si tes idées son contraire à son discours.
  7. Montre de l’empathie : Mets-toi à la place de ton interlocuteur en pensant à une expérience semblable que tu aurais vécue. Sans l’exprimer oralement, imagine ce que tu aurais ressenti à sa place.

Leçon n°18 : Scène de crime

La moitié des participants (les enquêteurs) va tenter d’élucider un meurtre en observant une scène de crime. Ils seront ensuite individuellement interrogés par les autres participants (les interviseurs) qui devront mettre en œuvre l’écoute active pour glaner le plus d’infos sur le meurtre. Les interviseurs vont se réunir pour concevoir une courte vidéo sur la scène de crime présumée. Les enquêteur en font de même. Lors d’un débriefing, chaque équipe présente son film en interagissant avec les commentaires de l’équipe adverse.

L’enseignant invite les participants à s’interroger sur la pratique de l’écoute active en situation d’apprentissage (ici les éléments d’un crime) :

  • Comment ce sont déroulées vos enquêtes ?
  • Comment ce sont déroulés vos échanges d’informations ?
  • Quels sont les éléments qui vous ont échappés ?
  • Pourquoi avons-nous ce sentiment de ne pas avoir vu (entendu, toucher ou vécu) les mêmes choses sur une même scène de crime ?
  • Qui pense avoir recueilli le plus d’infos sur sa scène de crime ?
  • Qui pense avoir recueilli le plus d’info lors de l’échange ?
  • Qu’est-ce qui vous a servi dans la méthode d’écoute active pour recueillir le plus d’informations ?
  • Qu’avez-vous retenu de cet exercice ?

 

L’Écoute Autrement

Écouter véritablement, dans un souci de bienveillance, est la clef qui permet l’ouverture du monde intérieur de l’Autre. C’est, durant un instant, posséder le cerveau de l’Autre Léonard De Vinci. En dehors de cette réalité, il me semble impossible d’accéder au désir de changement de celui qui est en difficulté. Car la porte du changement ne peut s’ouvrir que de l’intérieur Jacques Salomé.

Or, le premier besoin ressenti par le jeune qui nous est confié est souvent celui de pouvoir exprimer, librement et sans jugement, ce qui l’a amené ici. Afin de progresser avec les jeunes en difficulté, il parait évident, pour l’équipe qui l’encadre, qu’il y a lieu de répondre activement à ce besoin social et sécuritaire. C’est le passage indiqué qui permet d’entrer dans l’histoire de son environnement, le levier essentiel du changement. Car les jeunes sont lumineux quand on les laisse exprimer leurs potentiels Céline Alvarez.