Laboratoire

L’approche pédagogique que je développe ici, la Pédagogie délibérée, est le fruit d’un travail d’équipe qui manœuvre au cœur du DIAS de l’École Autrement. La « Researche Team » est une équipe d’enseignants motivés par l’humanisme qui vibre en chacun de nous.

C’est ainsi qu’avant d’être enseignants, nous sommes d’abord des chercheurs. Tels des apothicaires, nous préparons nos leçons en vérifiant chacun des produits et des mélanges judicieux qui les composent. Loin des regards, dans la pénombre de notre laboratoire, nous expérimentons nos propres apprentissages et nous élaborons de nouvelles théories. Nous vérifions nos sources. Puis, une fois que nous détenons ce savoir, nous entreprenons le sondage de la nuit à la recherche d’une pédagogie intéressante, car motivante. Nous nous interrogeons sur le « comment enseigner ce savoir ? »

Fusion

Nous fusionnons enfin ce savoir avec un Moyen Didactique, le quoi communiquer avec le comment enseigner.

Il s’agit d’un réel travail pédagogique. Notre équipe de créatifs se réunit régulièrement pour imaginer des animations (le Moyen Didactique) en lien avec l’apprentissage (le Savoir à transmettre) et le profil des apprenants (les Intelligences Multiples).

Si dessous, à Madrid, l’équipe ÉA réfléchit sur le comment enseigner l’équilibre alimentaire à nos élèves dits difficiles. Les créatifs ont imaginé une pyramide en bois sur les étages de laquelle les élèves pourront insérer des cartes-aliments afin de reproduire une alimentation journalière équilibrée.

  1. Le Savoir = Qu’est-ce qu’une alimentation équilibrée ?
  2. Le Moyen Didactique : Jeu de société (jeu pédagogique)
  3. Le Profilage visé : IM Kinesthésio-Corporel et IM IntrApersonnel

C’est ainsi qu’entre nous, nous nous enseignons à enseigner Thomas Debrux.

Entrainement

Au cours de sessions spécifiques, chaque membre de l’équipe ÉA a l’occasion de s’entrainer à de nouvelles pédagogies actives. Il a construit ses outils avec les créatifs, a réfléchi avec ses paires sur l’adaptabilité de sa pédagogie, a essuyé des plâtres et a rôdé ses pratiques en situations extrêmes. Il prend conscience de ses compétences psychosociales et pédagogiques. Grâce à ce sentiment de compétence, il se sent motivé Thiagi. Il est prêt à entrer en classe.

Transmission

L’enseignant arrive dans la classe qu’il a aménagée pour le cours. Les élèves entrent à leur tour et s’installent après lui. La leçon commence. L’enseignant peut enfin s’interroger sur la dynamique du groupe, observer ce public et tenter le profilage des apprenants qui lui sont confiés afin d’adapter sa pédagogie.

Vient alors son véritable travail, celui de permettre aux apprenants de s’élever. En alchimistes-pédagogues il se livre alors à une expérience sans pareille : mettre l’élève en apprentissage.

Team élève-enseignant

Nous l’avons compris, il s’agit d’une histoire humaine : un apprenant et un enseignant, deux êtres qui se rejoignent dans un même mouvement. Aucun d’eux ne détient le savoir total. Le pédagogue met simplement l’échange en route. Ils élaborent ensemble une rencontre pédagogique qui les élève tous les deux. Ici, dans notre DIAS de l’École Autrement nous créons un jeu sur l’Estime de soi : l’Arbre des compétences. Il s’agit d’un arbre en bois ou chaque participant épingle des feuilles sur lesquels il inscrit des compétences qu’il se reconnait. Nous élaborons les règles des activités en équipe mixte élèves-enseignants.

Application

Puis, une fois l’outil conçu, les enseignants et les élèves l’utilisent à des fins pédagogiques et éducatives.

Ainsi, lors de nos travaux de recherche, ici à Madrid durant une conférence sur l’accrochage scolaire, nous mesurons la motivation intrinsèque des participants grâce à cet outil.

Ci-contre, l’arbre des compétences qui permet à chacun de travailler son estime de soi. Cassandra Godeau, animatrice à l’EA, présente l’activité à des enseignantes lettonnes.

Recherche-action

Ce travail de recherche-action avec le jeune est gratifiant. Il tient de la motivation à trouver ensemble. C’est là que se découvre le véritable pédagogue. Alors que celui qui déverse son savoir dans des têtes qu’il croit vides et s’en contente est comme une plante qui se fane. Il croit nourrir, mais ne se laisse pas nourrir à son tour. Il prend le risque de tarir sa propre source intérieure. L’élève, dont la parole est alors évincée, finit par se recroqueviller sur son banc et décroche, faute d’inattention, s’il n’a pas déjà séché le cours. C’est le désintérêt de l’élève qui engendre alors son chahut. C’est son inaction qui engendre son décrochage. Pour apprendre, il faut mener un acte de préhension : A-Prendre.

Faire fructifier nos savoirs avec ceux de celui à qui nous enseignons, grâce à des expériences inédites, n’est-ce pas la clef d’une véritable progression ?

La leçon nait de la recherche de l’enseignant et vit d’une action menée avec l’apprenant.

À chaque fois, le pédagogue remet sa matière sur le métier.

Au sein de cette notion d’éducation, chacun peut grandir à la lumière d’un regard positif. Dans chaque être humain, il y a du bon et du mauvais. Tout dépend de ce que nous cherchons.

Le concept de l’École Autrement, c’est de dénicher, dans la part d’ombre de l’élève en difficulté, une lueur suffisamment brillante pour éclairer ceux qui l’entourent. C’est de croiser l’Autre au coeur de ses ténèbres, de lui révéler l’étincelle qui s’y meurt, et de lui dévoiler la manière dont il peut la raviver.

Le chercheur dont je parle, est celui qui croit tellement dans les capacités de l’Autre, qu’il n’a de cesse de fouiller ses entrailles noircies par le doute jusqu’à découvrir ce que cet Autre croyait ne plus jamais trouver.

J-Luc Carels