Les Émotions

Concept

Les émotions sont une notion importante dans la démarche éducative. Apprendre à gérer ses émotions, tout comme ses besoins, est une clef de l’existence non négligeable.

Les émotions sont un ensemble naturel de ressentis psychologiques et physiques qui nous donnent des informations sur une situation vécue Guillaume Wattier.  Elles sont provoquées lorsqu’on se confronte à cette situation et lorsqu’on interprète sa réalité. Elles nous poussent à réagir en fonction de nos besoins Abraham Maslow et de nos valeurs. Même si elles sont propres à chaque individu Rosalind Picard, elles sont surtout innées, universelles et communicatives Charles Darwin.

Selon l’analyse comportementale, il est vain de trouver une définition unique de l’émotion. C’est donc dans sa pluralité que nous trouverons réponse à nos questions :

  • Du point de vue comportemental : l’émotion est un motivateur qui influence le choix d’un individu. Il est la réponse à une manifestation interne (en soi) qui génère une réaction extérieure (hors de soi).
  • Du point de vue socioculturel : l’émotion est la réponse à une interaction avec nous-mêmes ou avec l’Autre.
  • Du point de vue évolutionniste : l’émotion est une faculté d’adaptation et de survie de l’organisme vivant Charles Darwin.
  • Du point de vue psychologique : l’émotion nous renseigne sur notre identité profonde Guillaume Wattier.

Contrôle

Il existe 4 notions sur lesquelles nous n’avons pas de contrôle direct :

  • Les pensées : Il s’agit d’une activité psychique qui élabore des images, des sensations et des concepts en réponse à ce que nous percevons avec nos sens. Ces idées qui voyagent dans notre tête lorsque nous cogitons sont difficilement maitrisables.
  • Les souvenirs : Il s’agit d’éléments conservés dans notre mémoire, des objets du passé, qui resurgissent parfois inopinément. Ces expériences de notre histoire remontent bien souvent sans crier gare.
  • Les émotions : Il s’agit d’une réaction affective transitoire provoquée par une stimulation venue de notre environnement.
  • les rêves : Il s’agit d’une activité psychique produite au cours du sommeil, accompagnée d’images et de sentiments, témoins de la vie affective du rêveur.

Comment faire de nos émotions des alliées plutôt que des ennemies ?

Émotions de base

Je note 4 grandes émotions de base : la colère, la joie, la peur et la tristesse.

  • La Colère : Elle nous informe que nos besoins (Écoute, Respect, Liberté, Sécurité, etc.) ne sont pas satisfaits. Elle peut passer de l’irritation à la furie. Elle appel à la réparation et au changement.
  • La Joie : Elle nous informe que la situation vécue nous fait du bien (retrouvailles, fête, …) . Elle peut passer du contentement à l’extase. Elle nous pousse à renouveler l’expérience et à partager.
  • La Peur : Elle nous informe du danger. Elle peut passer de l’appréhension à la panique. Elle nous pousse à la fuite, l’attaque ou à l’immobilité.
  • La Tristesse : Elle nous informe d’un changement ou d’une perte (décès, déménagement, voyage, …) Elle peut passer du  chagrin au désespoir. Elle appel au réconfort et à l’acceptation du changement.

Action

Afin de vivre au mieux avec nos émotions, il est bon de les vivre pleinement et surtout de pouvoir les exprimer. Or, garder l’équilibre entre les informations reçues de notre environnement et la réaction qu’elles entrainent en nous-mêmes est souvent compliqué. Nous pouvons, malgré tout, garder la main sur nos conflits intérieurs.

  • Exprimer : Éviter que les émotions ne s’accumulent en nous en les exprimant. Je peux formuler une demande par rapport à mes besoins non reconnus. Je peux exprimer mon ressenti lorsque l’émotion m’envahit.
  • Contrôler : Éviter les actes impulsifs en gardant notre self-contrôle. J’évite de m’exprimer avec impulsivité et de manière incontrôlée.  Ceci peut entrainer chez moi de la culpabilité et de la rumination.
  • Tolérer : Éviter l’intolérance en acceptant que l’Autre puisse penser autrement. J’ai un regard sur mon seuil de tolérance.
  • Lâcher-prise : Éviter l’épuisement en ne mettant pas nos émotions de côté en nous battant contre elles. J’exprime mes émotions ou je lâche-prise sur elles. J’évite ainsi l’épuisement psychologique et physique.
  • Sevrage : Éviter de tomber dans le piège des consommations de substance néfastes comme l’alcool, la cigarette, la drogue, les médicaments, etc. Je repousse au plus profond de moi mes émotions grâce à ces substances, mais ne fais que reporter le problème.

Sanction et réparation

Un besoin non reconnu entraine une émotion qui crée le conflit en nous ou avec l’Autre. L’acte qui s’en suit nous mène dans la spirale de la violence, entrainant l’Autre dans cette même révolution par la non reconnaissance de son propre besoin. L’acte violent demande réparation. Il s’agit, aux yeux de la communauté, d’un acte demandant une sanction éducative.

Les premières lois et les premiers codes moraux – celui d’Hammourabi, les dix Commandements et les édits de l’empereur Ashoka – sont à prendre comme des tentatives pour canaliser, maitriser et domestiquer les passions humaines Daniel Goleman. La société a été obligé d’imposer à l’individu des règles destinées à contenir le déchainement trop facile des émotions Sigmund Freud. Il en est de même pour la sanction éducative. Elle a pour but la sensibilisation de la personne ayant commis une violation de la Loi. Elle sépare l’acte de la personne : elle permet à l’auteur de l’acte de ne pas être identifiée à son acte : Tu as volé mais tu n’es pas un voleur. Une fois ton acte puni, tu reviens dans le groupe lavé et pardonné.

Ateliers éducatifs

Or, nous naissons avec une prédisposition innée à communiquer, à ressentir une large gamme d’émotions et à les réguler en cas de besoin. Nous naissons même avec des capacités empathiques, une intuition morale et un sens de la justice profond Céline Alvarez. C’est pour cela, qu’au delà de la sanction, il y a la réparation : l’élément qui permet le retour au groupe. C’est en ce sens que les retenues et les jours de renvoi doivent être abolis. Ces démarches sanctionnantes ne font qu’agrandir encore le gouffre entre l’école et les familles. Ils engendrent un décrochage scolaire par le dégoût et l’incompréhension du jeune puni. Aujourd’hui, la punition doit être remplacés par des ateliers éducatifs.

Mon expérience personnelle m’a dicté la création de ce type d’ateliers au sein de notre école. Nous les appelons Ateliers du Mercredi. Ce sont des ateliers où nous cherchons, avec les jeunes en difficulté, de nouvelles pistes pour gérer nos débordements émotifs.