La Butte

Objectif

La culture sur butte cherche à maximiser le rendement des cultures en imitant au mieux la nature grâce à un écosystème complet et à une amélioration du sol. Elle permet une attention particulière des cultures, car un bon jardinier regarde chaque plante tous les jours Alan Chadwick.

Comment réalise-t-on une butte en permaculture ?

Buttage

La création d’une butte en permaculture demande un travail important.

1. Orientation : Tirer parti des particularités du jardin en respectant au mieux la nature. Idéalement, dessiner la butte en l’orientant Nord-Sud.

2. Planche : Délimiter le contour de la planche1 à l’aide d’un cordeau. Ceci permet d’aligner au mieux les buttes entres-elles et d’éviter, durant tout le travail de buttage, de piétiner les terres arables et de les compact.

1 – La planche se définit comme la délimitation d’une zone cultivable.

3. Tranchée : Creuser une tranchée  de 120 cm / 35 cm. En dessous de 120 cm, la butte n’est pas assez large pour créer un écosystème; au-delà, il est difficile d’y accéder sans marcher sur la butte.

4. Allées : Espacer les buttes par des allées de 60 cm minimum permettant de travailler à genoux. Veiller à pouvoir y circuler librement avec les outils.

5. Terres arables : Conserver les terres provenant de la tranchée afin de recouvrir la butte. Si les terres sont trop argileuses, veiller à les remplacer par une terre de meilleure qualité.

6. Bordures : Construire une bordure à l’aide de planche (ici, récupération de palettes) Au-delà de la bordure, maintenir une bordure d’herbes sauvages afin de limiter les risques d’érosion et de lessivage d’éléments minéraux constituant la pente de la butte.

7. Buches : Remplir la tranchée avec des buches et des rondins de tailles diverses. Terminer par des branches de diamètre plus petit.

8. Humus de sous-bois : Combler les trous entre les buches par de l’humus récupéré dans les sous-bois. Ceci évitera le tassement trop important de la butte lors de la décomposition des gros rondins.

9. Branchages et feuilles mortes : Couvrir l’ensemble avec des branches plus fines et des feuilles mortes jusqu’au niveau du sol initial.

10. Composte frais : Après avoir niveler au mieux les premiers éléments plus grossiers de la butte, recouvrir de composte frais. Il s’agit du compost de la fin de l’année précédente qui n’est pas entièrement défait.

11. Terre de tranchée : Recouvrir des terres arables récupérées lors de la création de la tranchée, ou de la terre de remplacement.

12. Compost : Recouvrir de compost dégradé. Il s’agit d’un compost de minimum un an d’âge.

13. Paillage : Finir la butte en la recouvrant d’un mulch fait de paille, d’écorce ou de tonte de gazon. Celui-ci va permettre de maintenir l’humidité à l’intérieur de la butte et éviter la prolifération des mauvaises herbes. L’ensemble de la butte atteindra une hauteur de 30 cm depuis le sol initial.

14 Pose-pied : Installation d’un pose-pied en bois tous le long de la butte, à mi-hauteur, afin de faciliter son accès lors des plantations et de la récolte.

De quoi doit-on tenir compte lors de la culture sur butte ?

Principes

La culture sur butte offre beaucoup d’intérêts. Elle optimise les cultures grâce à sa forme et à sa compostion.

  • Feuillage : La forme convexe de la butte stimule l’augmentation du feuillage et donc de la photosynthèse.
  • Enracinement : La grande profondeur de terre arable permet aux racines de se développer verticalement. On peut donc rapprocher davantage les plants et augmenter la productivité du terrain. C’est pourquoi Alan Chadwick recommande le double bêchage d’une profondeur de 60 cm, soit de deux fers de bêche.
  • Drainage : La forme concave de la butte évite les inondations et les flaques d’eau. L’efficacité de son drainage permet aux plantes de bénéficier d’un très bon apport en eau. En effet, le réseau de canaux laissé par les racines et la faune du sol permettent une gestion idéale de l’eau.
  • Affaissement : À mesure que les matières organiques se décomposent et que les terres retrouvent leur densité optimale, la butte va s’affaisser. Alimentée par de la matière organique en surface, elle ne disparaitra jamais entièrement.
  • Fertilité : Sa fertilité tient de cette décomposition souterraine et de cet apport superficiel en compost. Les buches et les branchages, en se compostant, vont alimenter la butte en nutriments depuis sa base.
  • Paillage : La matière organique humifiante (compost et mulch), produite par les plantes elles-mêmes, ne demande plus aucun apport extérieur après la première année de culture.
  • Optimalisation : Après une décennie, le sol de la butte est idéalement structuré et atteint son potentiel optimal. La structure de son sol se stabilise et sa productivité devient idéale.
  • Consolidation : Les pentes de la butte doivent être consolidées par une végétation permanente.
  • Compagnonnage : L’association de plantes et la rotation des cultures sont encouragées afin de rentabiliser au mieux la butte et l’acquisition de l’azote par les plantes.
  • Quinconce : Afin de mieux utiliser l’espace, les semis et les plantations se font non en rangées, mais en quinconce. Cette méthode assure une meilleure résistance des plantes au vent et génère une humidité plus importante à la surface du sol.